Le BMX Freestyle regroupe plusieurs manières d’utiliser un vélo pour créer des figures. Certains riders restent au sol et travaillent leur équilibre, tandis que d’autres exploitent la rue, les courbes d’un skatepark, des bosses en terre ou des rampes de plusieurs mètres.
Le terrain influence directement les tricks, la vitesse et le style de la performance. Le Flatland, le Street, le Park, le Dirt, le Vert, la Mini-Ramp et le Big Air possèdent ainsi chacun leurs propres codes.
De la course de BMX aux premières figures freestyle
Le BMX apparaît en Californie à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Inspirés par le motocross, de jeunes Américains parcourent des pistes en terre avec de petits vélos. Le Bicycle Motocross, rapidement abrégé en BMX, désigne alors essentiellement une discipline de course.
Certains riders commencent toutefois à utiliser les bosses pour sauter plutôt que pour gagner du temps. D’autres testent des équilibres, roulent sur une roue ou adaptent à leur vélo des mouvements observés dans le skateboard.
Cette pratique plus créative prend de l’ampleur à la fin des années 1970, puis se structure durant les années 1980. Les riders investissent des parkings, des rampes, des skateparks et des espaces urbains. Chaque terrain favorise l’apparition de techniques particulières et contribue à former une nouvelle discipline.
Les démonstrations, les contests et les vidéos assurent ensuite la diffusion mondiale du BMX Freestyle. Le BMX Freestyle Park franchit une nouvelle étape en rejoignant le programme des Jeux olympiques de Tokyo 2020, disputés en 2021.
En Belgique, les riders peuvent aujourd’hui pratiquer dans des skateparks extérieurs ou couverts, des halls aménagés, des espaces urbains autorisés et quelques pistes de dirt. Le lieu disponible reste donc un critère essentiel pour choisir sa discipline.
Flatland et Street, le BMX Freestyle au plus près du sol
Le Flatland et le Street utilisent peu de hauteur par rapport au Park, au Vert ou au Big Air. Ils proposent néanmoins deux approches très différentes : l’une s’appuie uniquement sur le vélo, l’autre détourne l’architecture de la ville.
Le BMX Flatland associe équilibre, rotations et créativité
Le BMX Flatland se pratique sur une surface plane, régulière et suffisamment dégagée. Il ne nécessite ni rampe ni module : le vélo devient lui-même le support de toutes les figures.
Le rider utilise les roues, les pegs, la fourche, le cadre et le guidon comme points d’appui. Il déplace son poids, fait pivoter le BMX autour d’une roue et change de position sans poser le pied au sol.
Les figures sont reliées au sein de combos. La difficulté ne vient donc pas uniquement de chaque mouvement, mais aussi de la capacité à passer de l’un à l’autre sans interrompre la rotation.
Parmi les tricks emblématiques du Flatland figurent :
- Le steamroller, réalisé en déplacement autour de la roue avant
- Le whiplash, durant lequel le cadre pivote autour de la roue avant
- Le fork glide, avec un équilibre sur la partie avant du vélo
- Le hitchhiker, où le BMX est maintenu devant le rider
- Le decade, pendant lequel le rider tourne autour du cadre
- Le time machine, une rotation sur la roue arrière
- Le megaspin, composé de rotations rapides et successives
Le Flatland se prête bien aux démonstrations organisées dans un hall omnisports, sur une scène, une place publique ou un parking autorisé. Son installation est simple, mais la maîtrise d’un combo demande beaucoup de précision et de répétitions.
Le BMX Street transforme la ville en terrain technique
Le BMX Street exploite les formes et les obstacles de l’espace urbain. Escaliers, rails, bancs, murets et plans inclinés permettent au rider d’imaginer ses propres lignes.
La pratique se développe à la charnière des années 1970 et 1980 sous l’influence du skateboard. Contrairement aux modules d’un skatepark, les éléments rencontrés en rue ne sont pas spécialement conçus pour le vélo. Le rider doit donc adapter sa vitesse, sa trajectoire et sa technique à chaque lieu.
Le Street accorde une place importante aux sauts sans tremplin, aux équilibres et aux grinds, durant lesquels un ou plusieurs pegs glissent sur un support.
Ses mouvements les plus courants comprennent :
- Le bunny hop, qui permet de décoller les deux roues sans rampe
- Le manual, un équilibre sur la roue arrière sans pédaler
- Le nose manual, effectué sur la roue avant
- Le wallride, avec un passage momentané sur un mur
- Le double peg grind, réalisé avec deux pegs en contact
- Le feeble grind, avec la roue avant posée et le peg arrière en glisse
- Le smith grind, avec le peg avant et la roue arrière en appui
- L’icepick grind, exécuté sur un seul peg arrière
- Les rotations en 180 et en 360
La pratique en rue doit toujours respecter les espaces autorisés, le mobilier urbain et les autres usagers. De nombreux skateparks reproduisent aujourd’hui des obstacles de Street afin de permettre aux riders de s’entraîner dans un environnement prévu à cet effet.
Park, Mini-Ramp et Vert, trois disciplines construites autour des courbes
Ces trois pratiques utilisent des rampes pour produire de la vitesse et quitter le sol. Elles se distinguent par les dimensions des installations et la manière dont le rider organise sa performance.
Le BMX Park exploite tout un parcours de modules
Le BMX Park se déroule dans un skatepark composé de quarters, de box jumps, de spines, de murs, de courbes et de zones de transfert. Le rider dispose d’un temps limité pour construire un run et exploiter plusieurs parties du parcours.
La vitesse sert à gagner de la hauteur et à disposer du temps nécessaire pour terminer les mouvements avant la réception. Un bon run ne se résume toutefois pas à une succession de gros tricks. Il doit aussi présenter des trajectoires variées, une utilisation intelligente des modules et des transitions fluides.
Les principales figures du Park comprennent :
- Le tailwhip, avec une rotation du cadre autour du guidon
- Le barspin, durant lequel le guidon effectue un tour complet
- Le 360, qui fait tourner ensemble le rider et le vélo
- Le backflip et le frontflip, rotations arrière et avant
- Le flair, combinaison d’un salto arrière et d’une rotation
- Le no hander, réalisé sans les mains sur le guidon
- Le superman, avec le corps tendu derrière le BMX
Le Park est aujourd’hui la discipline la plus médiatisée du BMX Freestyle. C’est aussi la seule spécialité freestyle du BMX inscrite au programme olympique.
La Mini-Ramp alterne courbes, rebords et changements de direction
La Mini-Ramp prend la forme d’un U composé de deux courbes se faisant face. Elle reste moins haute et moins verticale qu’une rampe de Vert, ce qui donne au rider davantage de possibilités pour travailler sur le rebord.
Le rider passe continuellement d’un côté à l’autre. Chaque courbe permet de conserver l’élan, tandis que le coping, le tube métallique placé au sommet, sert de point d’appui pour les stalls et certains grinds.
Parmi les figures caractéristiques de la Mini-Ramp figurent :
- L’air, avec un décollage au-dessus de la courbe
- Le disaster, qui place momentanément le BMX sur le rebord
- L’abubaca, réalisé en appui sur la roue arrière
- Le fufanu, avec une rotation avant le retour dans la rampe
- Le tail tap, qui utilise brièvement la roue arrière
- Le 540, soit une rotation d’un tour et demi
- Le flair
Son format compact est fréquent dans les skateparks et les démonstrations. Il permet au public d’observer les tricks de près sans nécessiter une installation aussi imposante qu’une rampe de Vert.
Le BMX Vert recherche la hauteur au-dessus d’une rampe verticale
Le nom Vert vient de « vertical ». Cette discipline se pratique sur une grande rampe en U dont les parois deviennent presque droites dans leur partie supérieure.
Le rider alterne les passages d’un côté à l’autre afin de conserver sa vitesse. Lorsqu’il atteint le sommet, il peut s’élever à plusieurs mètres au-dessus du coping et exécuter une figure avant de revenir dans la courbe.
Le Vert exige une excellente perception de l’espace. Le rider doit terminer sa rotation au bon moment, retrouver visuellement la rampe et replacer ses roues dans son axe avant la réception.
Les tricks emblématiques du BMX Vert incluent :
- L’air
- Le tabletop, avec le vélo couché sur le côté
- Le lookback, où le corps et le guidon suivent des orientations opposées
- Le 540 et le 900, rotations d’un tour et demi ou de deux tours et demi
- Le flair
- Le backflip
- Le tailwhip et ses variantes
La hauteur, la vitesse et la taille de l’installation rendent le Vert particulièrement engagé. Son apprentissage nécessite un encadrement adapté et plusieurs années de progression.
Dirt et Big Air, deux approches des figures à grande hauteur
Le Dirt et le Big Air utilisent une forte prise d’élan pour prolonger le temps passé dans les airs. Le premier se déroule sur des bosses en terre, tandis que le second requiert une Mega Ramp construite pour les grandes compétitions.
Le BMX Dirt enchaîne les figures au-dessus de bosses en terre
Le BMX Dirt, aussi appelé Dirt Jump, se pratique sur une ligne de bosses. Chaque saut comporte une zone d’appel et une réception séparées par plusieurs mètres.
Cette spécialité reste proche des origines du BMX sur terre, mais son objectif n’est plus de terminer la piste le plus rapidement possible. La vitesse permet ici d’obtenir suffisamment de hauteur pour réaliser un trick.
Le rider prépare son mouvement dès l’appel, contrôle le vélo durant la phase aérienne et retrouve une position stable avant l’atterrissage. Une réception propre est indispensable pour conserver l’élan vers la bosse suivante.
Les figures fréquentes en Dirt sont :
- Le tabletop
- Le no hander
- Le can-can, avec une jambe passée au-dessus du cadre
- Le nac-nac, réalisé avec la jambe derrière le vélo
- Le superman
- Le 360
- Le tailwhip
- Le backflip et le frontflip
Les pistes de Dirt dépendent fortement de la qualité du sol et de la météo. Une terre trop humide ou trop sèche peut modifier l’appel et rendre les réceptions moins prévisibles.
Le BMX Big Air utilise les dimensions d’une Mega Ramp
Le BMX Big Air constitue l’une des formes les plus impressionnantes du freestyle. Le rider descend une rampe de lancement géante, franchit un premier saut, puis rejoint un quarter-pipe de grande hauteur pour effectuer une seconde figure.
Cette discipline apparaît avec le développement des Mega Ramps et des grands événements consacrés aux sports extrêmes. Les dimensions de l’installation permettent d’atteindre une vitesse et une amplitude impossibles à reproduire dans un skatepark ordinaire.
Les tricks présentés en Big Air associent souvent plusieurs mouvements :
- Le double backflip
- Le frontflip et le backflip
- Les rotations en 360, 720 ou 1080
- Le tailwhip et le double tailwhip
- Le superman
- Les combinaisons de rotations, de saltos et de mouvements du cadre
Le Big Air reste réservé à des riders très expérimentés. Il nécessite une infrastructure spécifique, une préparation rigoureuse et des mesures de sécurité adaptées à la hauteur des sauts.
Comment choisir sa discipline de BMX Freestyle ?
Le terrain accessible constitue le premier critère. Une surface plane suffit pour découvrir le Flatland, tandis que le Park, la Mini-Ramp, le Vert, le Dirt et le Big Air exigent des installations spécifiques. Le Street peut être travaillé sur des modules reproduisant l’architecture urbaine dans un skatepark.
Les sensations recherchées permettent ensuite d’affiner le choix :
- Le Flatland pour les équilibres, la précision et les combos
- Le Street pour les lignes techniques et l’utilisation créative des obstacles
- Le Park pour la variété des modules et les figures aériennes
- La Mini-Ramp pour les courbes et les tricks sur le coping
- Le Vert pour la hauteur au-dessus d’une grande rampe
- Le Dirt pour les sauts sur des bosses en terre
- Le Big Air pour les amplitudes extrêmes sur une Mega Ramp
Aucune discipline n’est objectivement supérieure aux autres. Elles développent des qualités différentes, mais partagent la même philosophie : faire du BMX un véritable moyen d’expression.